Jeune adulte

par | Mai 16, 2020

Souvent s’ignore… et multiplie les tentatives pour rentrer dans le moule…

Le monde du hauts potentiels à l’âge adulte est rempli de paradoxes. Cela n’est pas directement lié au fait d’avoir été, enfant, dépisté ou pas. Depuis une trentaine d’année le monde de la “surdouance”, grâce à Mr Terrassier, est “sorti” de l’ombre. Par contre cela ne fait que quelques années que l’on reconnaît que ce n’est pas qu’un “plus” et que la surouance n’est pas qu’une affaire cognitive.

Aujourd’hui on parle avant tout de “différence” de fonctionnement neurologique et que celle-ci impacte  l’entier du corps et ceci à tous les étages, soit physique, sensoriel, émotionnel, sentimentale, cognitif, relationnel etc…

Rares sont aujourd’hui les adultes se reconnaissant comme «surdoués» ou à «hauts potentiels». Pourtant, ils représentent environ 5% de la population. Alors qui sont-ils ?

Simplement des enfants à HP qui ont grandi.

Des adultes qui, de par ce qu’ils sont, interrogent la norme, éprouvant souvent de l’incompréhension au quotidien dans leurs environnements,  avec leurs collègues, compagnons/compagnes, enfants, ami(e)s…. Face à leurs difficultés ils se sentent souvent démunis, sans point de repère, en manque de boussole intérieure, souvent perdus face à leurs difficultés à établir des liens avec les autres.

Fonctionner en HP c’est être construit «autrement». Le décalage ressenti enfant reste, ce qui change avec l’âge se sont plutôt les enjeux autour de cette spécificité neurologique. La différence de fonctionnement ne se gomme pas avec les années, elle perdure et prend des teintes particulières en fonction des places qui seront occupées au fil de la vie et des stratégies mises en place pour avancer.

Les raisons qui empêchent l’épanouissement d’un personne à HP sont multiples, elles dépendent de facteurs environnementaux comme : La famille, le milieu professionnel, l’éducation, la culture, les attitudes, aptitudes et caractères des uns et des autres etc.  Cependant il y a une constante : La mise en place de mécanismes de défense ultra performants, nés du mal-être et de l’insécurité ressentie. Ces mécanismes de défense sont les principaux acteurs de la mise en échec des thérapies entreprises s’ils ne sont pas traités avec humour et constance.

Les adultes à HP vont rapidement «tilter» dès que l’on touche à leur sphère personnelle :

  • Non…. impossible je suis nul(le)…. impossible que je sois à HP => déni
  • De toute façon je n’y arriverai pas, je n’ai pas les moyens suffisants => manque de confiance
  • Je sais bien que je suis différent(e), mais «à quoi bon»… de toute façon il faut bien y vivre dans cette société… => résignation
  • C’est mieux d’être comme tout le monde, ça évite d’être dérangé(e)… de déranger => conformité
  • Si je fais vraiment ce que je veux, je vais être rejeté(e) => Besoin de reconnaissance, etc

Quels que soient les éléments de blocage, la personne à HP va devoir faire le deuil d’un certain nombre de croyances, entre autres le déni de son «hauts potentiels», si elle veut sortir de son profond mal être.

Cela parait peut être un peu «boeuf» et pourtant : Nombre de personnes à HP ne changeraient pour rien au monde ce qu’elles sont fondamentalement, et heureusement…. tout en n’acceptant pas la réalité de leur différence. Cela crée le syndrome Caliméro : mieux vaut ergoter des heures sur ses souffrances, que prendre en compte sa différence.

Il y a des raisons fondamentales à ce déni de HP :handicap

  • L’insécurité, la peur que génère l’idée d’aller y voir «pour de vrai» et y perdre ce petit quelque chose de différent.
  • Les efforts faits depuis l’enfance pour mettre en place un dés-«équilibre» qui a l’avantage d’avoir régulé une partie des tensions, mis à distance les difficultés et créé un sentiment de protection.

Quelles que soient les raisons du déni de HP, c’est bien en choisissant d’aller y voir de plus près, – nommer sa différence, mettre des mots sur ses souffrances, accepter de se mettre en mouvement afin d’apprivoiser ses émotions au sens stricte de son étymologie latine «motio» : action de mouvoir, mettre en mouvement,- que les solutions apparaissent.

Quelle que soit la manière de mettre du mouvement au cœur du changement cela doit correspondre à un intérêt déjà présent en l’individu. Tenir compte de ses affinités et de ce qui procure du plaisir est essentiel au processus de reconnaissance de son identité.

Un processus autour de «la conscience» se met en place, si ce regard n’était pas déjà présent. Il est important à ce moment-là de ne pas tout mélanger. Avant de hurler au scandale et au «à quoi bon»… – face à l’état du monde, de la terre, quelque soient les absurdités observables,-  posez-vous la question : en quoi le fait d’arrêter votre mise en mouvement va aider ce monde rempli d’incohérences ?

La raison est souvent le meilleur allié et le pire ennemi de la personne à HP. La raison n’a pas toujours raison surtout dans le domaine de la conscience… Les neurones du cœur sont à ce niveau nettement plus efficaces, avec comme seul inconvénient qu’ils ne sont pas sous le contrôle du cognitif !.

C’est là tout l’enjeu de la mise en mouvement du changement. Débusquer les systèmes de croyance, les accueillir et les laisser s’en aller. Travailler le corps sous toutes les formes imaginables afin d’éclairer les zones de blocages et les libérer.

Pour mettre de l’ordre dans le monde, nous devons d’abord mettre
la nation en ordre;
pour mettre la nation en ordre, nous devons mettre
la famille en ordre.
Pour mettre la famille en ordre,
nous devons cultiver notre vie personnelle.
Et pour cultiver notre vie personnelle, nous devons clarifier nos cœur.

Confucius