STRATEGIES

par | Oct 19, 2019

L’adaptation désigne l’ensemble des ajustements réalisés par un organisme pour survivre et perpétuer son espèce dans un environnement.

Une personne présentant des qualités internes solides et évoluant dans un contexte qui lui permet de se construire de manière optimale en développant ses habilités naturelles, s’ouvrira pleinement à la vie. Par contre, pour la personne dont les processus développementaux se trouvent amoindris, la situation sera plus délicate.

Dès que les interactions avec les environnements, autant internes que externes, sont plus difficiles à vivre, il est certain qu’un décalage s’installera et impactera la construction identitaire. La personne connaîtra une certaine détresse, souvent elle s’attribuera la responsabilité des problèmes rencontrés. La conséquence directe sera l’élaboration de stratégies de survie afin de lutter contre l’insécurité ressentie.

L’adaptation selon Piaget

Les processus d’adaptation sont mis en oeuvre chaque fois qu’une situation comporte un ou plusieurs éléments nouveaux, inconnus ou non familiers. Jean Piaget les dit assimilateurs quand ils intègrent les données nouvelles à des patterns comportementaux antérieurement constitués, et accommodateurs lorsque les données nouvelles transforment un pattern ou un schème préexistant pour le rendre compatible avec les exigences de la situation.
Entre les premiers exercices du réflexe de succion du nouveau-né et ses manifestations appliquées à divers objets (le pouce, le hochet, la tétine, etc…), il y a extension progressive de la réaction, mais aussi changement de forme par ajustement à la forme du nouvel objet. Ainsi, l’assimilation et l’accommodation sont considérées par Piaget comme des activités essentielles pour le développement de l’individu. Aussi, le développement de l’intelligence représente l’adaptation la plus élevée et la plus complète. En effet, elle prolonge l’adaptation biologique en procédant comme elle à des régulations successives à des fins de connaissance et non plus simplement de survie.

L’adaptation d’un point de vue physiologique

L’adaptation correspond à l’ensemble des phénomènes sensoriels et comportementaux qui se traduisent par la mise en place d’un nouvel équilibre de fonctionnement à la suite d’une perturbation.

Nous avons trois zones corporelles qui contiennent des amas de neurones. Chaque zone possède ses spécificités et ses fonctions. Toutes sont concernées par l’hypermyélinisation et ses conséquences.

Hauts potentiels de la tête aux pieds, à tous les étages :

  • Le cerveau avec ses trois étages et son pont nous permettent d’être des “humains” en plus d’être des mammifères
  • Le cœur et son réseau de neurones qui nous connectent au monde, à l’univers et nous permettent d’exister pleinement
  • Le ventre, système entérique, qui, bien que connecté au système nerveux autonome, fonctionne aussi de façon indépendante grâce à des plexus spécifiques

Ces trois systèmes ont besoin de se parler et d’être alignés pour bien fonctionner. Cela crée une boucle de “neurofeedback” positive. Dès qu’un des étages fait bande à part, le monde du mental, soit la zone de prédilection des personnes à HP , s’emballe et empêche toute une partie des régulations toniques.

Une relation étroite et précoce s’établit entre l’expression tonique, l’expression motrice et les affects. C’est ce que l’on nomme le dialogue tonique, soit toute la sphère des accordages qui prend un sens spécial pour les personnes à HP, particulièrement réactives.

L’accordage est une notion que Winnicott a beaucoup développée, dans la manière dont une mère va créer une relation adéquate à son enfant, lui donnant un appui émotionnel solide. Dans le cadre des adultes, la question se pose différemment : comment puis-je être une bonne mère pour moi-même, afin de pouvoir accorder mes différents étages ?

Cela va impliquer fortement les paramètres aléatoires par les souvenirs engrammés dans les différents étages du cerveau ainsi que dans le cerveau entérique.

Du talent aux stratégies de survie : Il était une fois 

Un ou une petite loustiquette, curieux (se), joyeux (se) plein (e) d’entrain et de curiosité, pourquoi, pourquoi… POURQUOI…
Bon parfois, un léger débordement émotionnel pointait le bout de son nez.

Pour le parent cela s’apparentait à vivre à côté d’un volcan. Vastes champs fertiles, remplis de mille possibles. Champs dévasté par l’explosion destructrice du volcan en irruption.

Pour certains parents, éducateurs, enseignants, accompagnateurs cela fut plus facile à réguler alors que pour d’autres……

Il faut dire que l’enfant à HP vient, par son exigence, réveiller en général tout ce que l’adulte a refoulé, mis de côté, oublié, courbé l’échine pour survivre à ce qui fait penser à son écart de fonctionnement