Ado

par | Août 8, 2020

J’en ai marre !!! ils sont vraiment trop “c…” grommèle l’ado de service

L’adolescence est une étape magique et critique de maturation biologique, mentale, sociale, émotionnelle. Le cerveau mature plus entre 16 et 20 ans qu’entre la naissance et 16 ans….

C’est le temps des “essais-erreurs”, autant dire que, suivant la construction identitaire, l’ado à HP va se trouver devant un sacré challenge.

Beaucoup de défis s’ouvre à lui/elle.

S’émanciper… avec les impératifs “grégaires” du clan Z’ado…

Sauf que ses bizarreries d’ado à HP le travaille, il se sait, se sens différent. L’ado cherche le groupe et ne peux se départir de ce sentiment de décalage, ses sujets de réflexions sont à des années lumières des préoccupations de ses camarades, la plupart du temps.
Privilégier les exigences du groupe au détriment de son besoin et se “sur-adapter” ? Rester seul(e), jouer puis devenir “in-adapté”? Choix cornélien on s’entend.

C’est souvent une période des “excès”, on voit souvent deux schémas se profiler :

  • Expérimentation en tous genres, alcool, tabac, drogue douce, jeux, addictions
  • Replis, isolement par anticipation des risques et désillusions

Pas de panique…

Pour la plupart des ados, bien que complexe, cette période passe, ils mûrissent et acquierent les outils pour aller découvrir la beauté du monde.

 

La vie c'est une solitude qui chaque jour s'alimente d'autrui

Sonia Lahsaini

Le corps change

Compliqué pour celui ou celle qui a besoin de contrôler, de tout contrôler… Des poils poussent et des odeurs arrivent, des rondeurs attendues ou honnies, souvent vécues comme envahissantes, sans parler des lunes tant attendues….

Se couper le poil ou pas ? acnée, longueur de zigounette, les garçons ne sont pas épargnés. Souvent d’un naturel sensible, comment être viril ? Questions qui sont peu ou pas partagées par le groupe. L’ado se sens souvent désemparé devant le gouffre qui s’est ouvert devant lui. Plus enfant et encore loin d’être adulte.

Une des stratégies utilisées est de se lancer à “corps perdu” dans une cause qui permettra au jeune d’utiliser son besoin de justice comme fer de lance et s’enrôler dans moultes actions.  Parfois c’est un sport, une passion, une addiction, dans tous les cas cela permet de mettre à distance ce corps qui était déjà encombrant par les émotions qu’il procurait, là en plus il devient débordant.

Y a aussi l’ado canapé…. N’oubliez pas que votre chérubin subit une transformation hormonale qui ressemble à un tsunami

L’école

Pour certain, la scolarité jusque-là a été vécue comme facile; se retrouvant en prise avec des exigences plus soutenues, un travail accru leur demandant de developper le sens de l’effort est “insoutenable”. D’abord ils ne font pas forcement la distinction entre comprendre et apprendre; ce n’est pas exactement la même chose…

Demander et accepter de recevoir de l’aide pendant l’adolescence peut être très compliqué. Le besoin de maîtrise, une fois de plus, peut jouer un certain nombre de tours et manipuler l’ado à son insu… parfois cela prend quelques années pour faire le tour de sa “susceptibilité”, à ne pas confondre avec la sensibilité.

Il y a aussi le choix des “études”, parfois un casse tête… pire une prise de tête

La plupart du temps, bien qu’ardu, le jeune à HP commence à apprivoiser l’écart qui le différencie des autres et il grandit cahin-caha, mais pas si mal que cela.

Faire naitre un enfant n’est pas suffisant, il faut le mettre au monde

Boris Cyrulnik

Et si tout ne va pas comme cela devrait….

Cela devient souvent confus.
Comme des étapes fondamentales sont inachevées, cela complique le décodage face à ce qui se passe.

Il est connu qu’à l’adolescence, le jeune va symboliquement tuer père et mère afin de découvrir qui il est et s’individuer. Disons que la “crise” est inévitable. Pour que celle-ci puisse se produire, cela implique qu’il y ait eu “attachement”; c’est à dire, selon Winnicott, une sécurité affective vécue qui soit suffisante pendant la prime enfance afin qu’à l’adolescence les processus de construction du soi  lui permette d’acquérir la “capacité à être seul”.

De manière générale, l’enfant expérimente “l’attachement”; Adolescent cela le conduit et lui permet d’expérimenter le fait “d’être seul” en présence de l’adulte, sans pour autant être indépendant, pour finalement devenir capable de vivre seul, c’est-à-dire gérer sa vie et créer sa propre intimité.

 

Pour que la crise de l’adolescence se passe bien, il faut au minimum, une certaine sécurité affective et appartenir à une “culture”, qu’elle soit familliale, institutionnel, clanique, etc… L’important c’est qu’il y aie histoire de vie.

C’est-à-dire connaître quelle est sa place, quel rôle on y joue et qu’est-ce que l’on attend de nous. Savoir d’où l’on vient pour pouvoir prendre distance ou pas de ce terrain qui a vu grandir l’enfant que nous avons été. L’affiliation à une histoire est fondamentale pour pouvoir y écrire son propre chapitre.

Les pistes à suivre lors de difficultés inhabituelles à l’adolescence sont, de prime abord, un trouble de l’attachement. Le terrain neuro-sensoriel d’un fonctionnement HP augmente très nettement les risques d’un troubles d’intégration sensoriel qui, au niveau relationnel, vont s’exprimer au travers d’un trouble de l’attachement qui va se manifester différemment selon les âges et étapes du développement social.