Préférences motrice : Tempérament

par | Sep 5, 2020

L’homme, depuis la nuit des temps, s’observe et se pose des questions. Immanquablement elles sont en lien avec comment revenir, découvrir, retrouver, s’ouvrir à son “naturel”.  Le naturel… zone d’action parfois nommée “Flow”, est un espace où tout se passe de façon fluide. Les gestes sont simples et élégants, la pensée est fluide, l’efficacité est à son optimum, en somme il y a une sensation de connexions justes, qui permet un positionnement juste, que cela soit au niveau affectif, cognitif, moteur, somatique ou langagier, tout roule.

Diverses études et échelles psychométrique tentent de comprendre et de conceptualiser ce “moment magique du flow” afin de pouvoir le reproduire…

C.-G Jung fut un précurseur dans la modélisation d’un ancrage biologique qui gouverne le mode de fonctionnement héréditaire de l’être humain. Il a nommé ces “schémas” archétypes. Ce sont des dimensions a-temporelles et a-culturelles, qui sont, cependant, porteuses de puissance d’action mesurée et connues. Ces “énergies archétypales” sont qualifiées et forment la base des outils utilisés pour définir les tempéraments.

Motio & Cie

Tenségrité

La tenségrité caractérise la faculté d’une structure à se stabiliser par le jeu des forces de tension et de compression qui s’y répartissent et s’y équilibrent. En architecture, les structures sont réalisées par des barres reliées par des câbles, et aucun de ces éléments ne se touchent. (En cas de cassure d’un des cables, c’est l’ensemble de la structure qui s’écroule comme un château de cartes). C’est un processus omniprésent dans la nature et qui s’applique à de nombreuses parties du corps humain. Il met en évidence son fonctionnement efficace : un minimum d’effort pour un maximum d’efficacité.

Dans les processus fondamentaux corporels et somatiques, tout se traduit au travers de la notion de “tonus”. Le tonus exprime “l’état permanent de tension” qui s’exerce sur les muscles afin de :

  • Récupérer lors des phases profondes du sommeil ou dans certains états méditatifs
  • S’opposer à l’action de la gravité sur le corps
  • Bouger dans l’espace de façon volontaire.

La notion de préférences motrices exprime la manière dont nous engageons un mouvement en investissant prioritairement un espace  grâce au système musculo-articulaire qui s’organise en chaîne de transmission : Les chaînes musculaires.

Il est à retenir que :

  • Le tonus basal est différent selon les personnes, ce qui génère des volumes d’énergie disponible et des manières de récupérer distinctes.
  • Cette pile peut être plus ou moins disponible et / ou accessible
  • Elle peut être “explosive” ou “implosive”, avec un réservoir plus ou moins grand et plus ou moins facilement rechargeable.

L'”Énergie” ressentie est le résultat de l’expérience fabriquée par les mouvements. Le mouvement va dépendre du volume “d’énergie” disponible (pile).

La forme que prend cette énergie permet d’être en interaction avec les autres ainsi qu’avec soi-même, de “s’accorder” à ce qui se passe autant à l’interne qu’avec les environnements.

Exemple : J’ai de l’énergie, il ou elle m’a pris toute mon énergie, je manque d’énergie etc.

Il existe 3 niveaux d’organisation des tonus :

  • Le tonus basal, qui est une donnée génétique et est atteint au cours du sommeil paradoxal, ou approché en relaxation profonde. Ce tonus est essentiel en termes de récupération profonde, il est le socle sur lequel la sensation de sécurité s’ancre, car il est en lié avec le cortex moteur (vagal non myélinisé)
  • Le tonus postural, c’est-à-dire la construction d’un niveau de tension qui met globalement le corps en forme comme tenir une posture debout ou assise notamment. Celui-ci implique la manière dont nous avons construit notre verticalisation.
    Enfin sur ce fond tonique se déploie
  • Le tonus d’action, c’est-à-dire le recrutement de points d’appuis dans le corps pour permettre l’effectuation du geste conscient.[1]

 

Les chaînes de tensions myo-fasciale G.D.S. concernent la statique de l’individu et ne doivent pas être confondues avec les schèmes moteurs. Elles organisent le système locomoteur autant dans ses aspects statiques que dynamiques.

 

Les chaînes de tensions vont s’exprimer dans des zones d’action spécifiques dans l’aspects autant bio-mécanique et physiologique que psycho-comportemental. Lorsqu’un excès conduit une chaîne à sortir de sa zone d’action spécifique, celle-ci envahit le territoire d’une autre, perturbant l’organisation des divers tonus posturaux, que cela soit au niveau végétatif, musculaire et/ou affectif

Quand le corps réagit à son environnement comme si celui-ci était potentiellement dangereux, la sensation va être traduite en “stress” ce qui est une réaction naturelle et positive du corps face à une activation. C’est un mécanisme d’adaptation aux environnements.

Si le système se trouve dans un stress trop important qui le déborde, le corps va se défendre en bloquant l’un ou l’autre des mouvements d’ouverture ou de fermeture du bassin et du thorax, ainsi que tous autres mouvements. Cela va avoir des conséquences directes sur toutes les fonctionnalités découlant de celle-ci.

Voir Trauma

Envie d’en savoir plus ?

La dimension E ou I et  “Action” de Trima met en jeux le système d’activation réticulaire (SAR).

Toutes les dimensions ont leur place dans le système, celle-ci est particulièrement concernée dans le fonctionnement HP car la sensation de “danger” est souvent au coeur des problèmes rencontrés.

Le SAR est un faisceau de neurone de la taille de votre petit doigt qui se trouve dans le tronc cérébral (en avant du cervelet, juste en dessous du cerveau, entre celui-ci et la moelle épinière). Cette région est constituée d’un ensemble de cellules nerveuses disposées en réseau dense tout le long du tronc cérébral.

Le SAR participe à

  • Notre niveau d’activation (état de veille et d’éveil)
  • A la gestion de la sensation de danger ou système d’alerte.

Il est souvent comparé à un filtre car il trie les informations afin d’éviter une surcharge sensorielle. Il participe aussi au maintien du tonus musculaire et joue un rôle dans la coordination des contractions des muscles striés squelettiques.

Ce système se trouve au coeur de notre capacité à :

  • Entrer en relation dans un engagement social et de communication
  • Préparer une réponse de fuite ou de combat quand le niveau d’alerte monte
  • Il participe au figement ou immobilisation qui, bien qu’étant une stratégie de défense naturelle, dans les chocs post-traumatique pose problème.

Le SAR est un tissu relais du nerf vague qui se trouve au coeur de la théorie polyvagale de S. Porges.

Le nerf vague possède deux voies:

  • La voie vagale ventrale (myélinisée) qui s’occupe de la sensation de sécurité et du lien social
  • La voie vagale dorsale (non myélinisée) qui répond aux signaux de danger extrême. Cette voie nous sort du lien de conscience pour nous plonger dans un état de protection d’effondrement. Cette voie est au coeur du phénomène dissociatif.
  • Entre les deux, un autre système prend le relais, le système nerveux sympathique. Quand nous ressentons une gêne, la branche sympathique du système nerveux autonome s’active, préparant notre corps à réagir en augmentant notre degré de vigilance, en accélérant le rythme cardiaque, en tendant les muscles… Dès que cet état est présent, il y a la sensation que le monde est un endroit dangereux, dont je dois me protéger, avec comme corollaire de développer des problèmes d’attention, de concentration, de colère, pouvant mener à des crises d’angoisse ainsi qu’à présenter des tableaux anxieux.

L’intéressant dans le système, c’est la notion de stress… Activation du système.

La personne placide a tendance en cas de stress à attaquer… Au contraire :
La personne plutôt bout en train va sous stress “se retirerbouder” selon certains…

Physiquement, dès que le stress négatif s’en mèle, les appuis s’inversent et c’est là que tout devient passionnant.

Qu’est ce que cela implique ?

La disponibilité tonique en terme de récupération et d’action s’appuie sur le tonus basal. La possibilité d’investir cette dimension en terme de tempérament est soumise à deux facteurs clés :

  • L’état de la pile
  • Son accessibilité : Le niveau de stress

Le tonus postural est directement lié au sentiment de sécurité qui s’appuie sur le cervelet (vagal non myélinisé). Celui-ci gère tout ce qui touche au métabolisme de base ainsi qu’aux réflexes de survie; la capacité à se “relâcher” physiquement permet l’accès au tonus basal.

La méditation est une clé qui permet d’accéder “consciemment” à cet état de relaxation. La zone métabolique, en terme de régulation hormonale, dépend des processus de développement somatique qui résultent de la capacité à être en lien avec tous les autres plans. La représentation et les sensations issues du plan somatique vont très nettement influencer la capacité à se “relâcher”, donc d’avoir accès à la pile ainsi qu’à sa capacité à la recharger.

Dans la construction psychomotrice

Au travers du mouvement respiratoire, l’être humain revit en permanence l’histoire de sa verticalisation, ainsi que sa capacité à recruter des points d’appui qui lui permette d’accéder et d’effectuer des “gestes” conscients.

Chaque fois que l’homme expire naturellement il a la possibilité de se connecter à son état cellulaire “quand il était un jolie framboise”… à chaque fois qu’il inspire naturellement sans contrôle, il peut se connecter à ses plus hautes aspirations… C’est magique !!!

A savoir qu’il va devoir compter avec le fait que, dans son développement, il y a deux trois petites choses qu’il n’aura pas intégrées correctement. Le corps va, de ce fait, lui renvoyer des messages corporels éclairant les compensations, les blocages, les déséquilibres ainsi que les réponses de résolution de “problèmes”.

Nous traduisons en règle générale le mouvement par un sentiment de peur, de joie, de doute, de…..

Tous ces éléments vont directement atteindre la “PILE énergétique” qui nous compose ainsi que la capacité à investir les dimensions qui nous modèlent au propre comme au figuré.

Au niveau corporel, les chaînes latérales préparent l’action d’attaquer ou de fuir. Les chaînes respiratoires appuient le figement.

  • Réflexe archaïque primaire : Le tout premier à se mettre en place, la respiration cellulaire, qui par ailleurs se trouve en lien direct avec le RPP (réflexe de paralysie par la peur (dedans/dehors))
  • Les mouvements homolatéraux : Qui permettent de différencier la droite de la gauche autant dans les plans (dimension) que dans les espaces.
    Les plans haut, bas et axial ne peuvent être dissociés dans la réalité corporelle  car il y a toujours une légère oscillation en forme de lemniscate qui correspond à la respiration cellulaire, qui sous-tend tous les tonus. Cette dimension par ailleurs ouvre la capacité d’intention.

La manière dont nous nous construisons est liée :

  • Aux aptitudes
  • Aux processus de développement
  • Aux attitudes qui expriment des manières d’être, des compétences naturelles et des besoins d’impacter

Les outils tel que TRIMA ou Action Types permettent de mettre en lumière les attitudes ainsi qu’une partie des aptitudes. Il est important de ne pas oublier dans la lecture d’un profil, quel qu’il soit, l’impact des compensations liées aux processus de développement.

De la construction motrice au tempéraments

Sans tonus pas de tempéraments. C’est bien parce que l’on bouge que l’on ressent et pense…

Ralph Hippolyte (1949, France) & Bertrand Théraulaz (1962, Suisse), dans leur approche Action Type, ont mis en lumière des liens associant les dimensions psychiques et physiques des tempérament sur la base du MBTI.

Après avoir fait une certification auprès d’Action Types, ce sont les processus neuro-moteurs et développementaux des tempéraments qui m’ont attirée. Voici en quelques mots la synthèse de mes recherches. 

Tout est information
Une fois captée, celle-ci peut se transformer en apprentissage et ressortir une fois intégrée sous forme de compétences pleinement disponible.

  • Pour pouvoir capter une information, il faut un niveau d’énergie suffisant et une réelle disponibilité. Cela constitue la première dimension.
  • Les conditions étant réunies en terme d’énergie, la deuxième dimension parle de la manière dont nous captons l’information.
  • Une fois captée, celle-ci est traitée, cela s’exprime au travers de la troisième dimension.
  • La quatrième oriente notre manière de vivre au quotidien.

Toutes les dimensions sont doubles, on entre par un des deux biais qui exprime notre préférence puis, normalement on boucle dans le système.

En résumé

La simplexité est cet ensemble de solutions trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l’acte et en anticiper les conséquences.

 

A. Berthoz in la simplexité

Le monde des préférences motrices est passionnant, plus simple et plus complexe qu’il n’y parait au premier abord. 

la notion de tempérament se doit d’être un point de départ qui permet de mieux se comprendre ainsi que se donner des outils pour élargir son champ de compétences.

La première dimension révèle la manière dont nous nous rechargeons en Energie en terme de récupération ainsi que les besoins pour se mettre en route :

Haute (E) ou basse (I) activation de la formation réticulée. Cela va au niveau comportemental et structurel générer des besoins forts différents:

BASSE ACTIVATION : E : Met en route d’abord les chaînes relationnelles. Comme l’activation sur le cerveau reptilien est faible, c’est la quantité de stimuli qui est essentielle au démarrage, la personne a besoin de BOUGER

Mots clés :  Initiative, intrépidité, interaction, impulsivité. Peine à freiner, bouge parce que cela permet de rester réveillé.

Processus musculaire au niveau du tronc sur la chaine Postéro-Latérale

HAUTE ACTIVATION : I : met en route d’abord les chaîne strucutrelles. Comme l’activation sur le cerveau reptilien est forte, c’est la qualité des stimuli qui est essentielle. La personne PREND JUSTE CE DONT ELLE A BESOIN sous peine de déborder.

MOTS CLES

I : Economie, efficacité, expression.
Peine à démarrer, bouge seulement si l’efficacité est prouvée, est globalement attentif même si cela ne transparaît pas.

Processus musculaire au niveau du tronc sur la chaine Antéro-latérale

La deuxième dimension révèle la manière dont nous captons l’information

Raymond Sohier, dans son livre “2 marches pour la machine humaine” expose les notions de bio-mécanique étant à l’origine de cette vision. De notre côté, nous allons simplement exprimer le fait au travers des chaînes musculaires et des points d’appuis que cela active.

Marche par le bas activant la chaîne AM (S) et marche par le haut activée par la chaîne PM (N)

MARCHE PAR LE BAS : S est marqué par un besoin de sécurité, de sureté. Touche et explore, est dans le concret. S’appuie sur ses sensations. Pour démarrer, il à besoin de commencer par les aspects pratiques.

Mots clés :  Toucher, explorer au sens physique du terme, concret, aime les preuves, les faits, est attaché aux traditions. Peut être violent sous stress.

Processus musculaire sur la chaîne Antéro-médiane.

La marche par le bas engage le pied, donne une sensation de “traction arrière” est sensible et réceptif sur l’avant du corps. 

MARCHE PAR LE HAUT : N Prends des risques, va vers et pense “futur”. Regarde, imagine, initie ses actions en les conceptualisant. Se représente et prévoit au travers de cartes mentales.

Mots clés : Conceptualiser, imaginer, se crée des représentations, vit dans l’abstraction. Anticipe beaucoup, se détache facilement des traditions. Précipite l’action sous stress.

Processus musculaire sur la chaine postéro-médiane

La marche par le haut engage le haut du corps, donne une sensation de “traction avant” est sensible et réceptif sur l’arrière du corps.

La troisième dimension révèle la manière dont nous traitons l’information

L’oeil analyse les images en fréquences spatiales. Les basses fréquences fournissent une impression d’ensemble, tandis que les fréquences élevées donnent les détails permettant l’identification. Les deux fréquences sont en liens avec la respiration qui s’exprime au travers de deux grands mouvements : L’inspire et l’expire.

La basse fréquence visuelle est liée à l’expire et la chaîne antéro-postérieure (AP) alors que la haute fréquence visuelle est liée à l’inspire et la chaîne postéro-antérieure (PA)

BASSE FREQUENCE VISUELLE : F. l’œil balaye, les détails ne sont pas importants, c’est la vision d’ensemble ainsi que le sentiment qui s’en dégage qui est important pour diverger. Regarde avec l’intention de relier les éléments de l’environnement pour se positionner et intégrer des schémas et des rythmes.
Manger ou être mangé, cette stratégie visuelle est archaïque. Elle permet de capter les ambiances. Pour atteindre une cible, c’est la relation à soi-même et le sentiment qui s’en dégage qui va primer.

Mots clés : Va de la vision périphérique à la vision centrale. Relier les choses pour mieux les comprendre. Analyse visuelle liée au contexte émotionnel. Ressentir, intégrer, interagir, mémoriser en contexte.

Processus musculaire sur la chaine Antéro-postérieur.

HAUTE FREQUENCE VISUELLE : T.  L’oeil pointe sur les détails, la vision a besoin de se centrer et chercher les détails pour converger. Regarde avec l’intention de reconnaître les “erreurs” du passé et planifier le futur. Voir les détails, les structurer, les analyser, cette stratégie visuelle est plus récente dans l’évolution. Pour atteindre une cible, c’est la relation à la structure, les angles et la vitesse qui vont être pris en compte.

Mots clés : Part de la vision centrale pour interagir avec la vision périphérique. Prendre du sens. Recherche les contrastes pour mieux discriminer.  Analyse visuelle dissociée du contexte émotionnel. Expliquer, cibler, calibrer, classer dans le contexte

Processus musculaire sur la chaine Postéro-antérieure

La quatrième dimension révèle nos styles de vie. 

2 hémichamps visuels. L’oeil capte à droite, l’info est traitée à gauche => J. L’oeil capte à gauche, l’info est traitée à droite ) => P

Info traitée dans l’hémichamps gauche : J  Va au but, pensée convergente cherche le contrôle, hiérarchie dans l’action. Est séquentielle, a besoin de poser le contexte.

Mots clés : Temporel, digital, recherche l’équilibre, conservateur, découpage, réduction, sélection, singularité, synthèse, Organisé

Info traitée dans l’hémichamps droit : P Aime le processus, pensée divergente s’appuye sur les changements de rythmes et variation de timming. Est spatial, a besoin de strucuturer le temps.

Mots clés : Saptial, analogique, aime les choix de vie. Recherche, pluralité, dualité, spontané